Le coup de chaleur est l’urgence médicale la plus grave liée à la chaleur. Contrairement à une simple insolation, il met en jeu le pronostic vital et peut provoquer des lésions irréversibles en quelques minutes. Savoir le reconnaître et réagir vite sauve des vies. Voici l’essentiel à connaître.
Différence entre coup de chaleur et insolation
Beaucoup de personnes confondent les deux, mais la distinction est importante. L’insolation est une réaction à une exposition directe et prolongée au soleil, en particulier sur la tête et la nuque. Elle provoque maux de tête, nausées, rougeurs et fièvre modérée, mais reste généralement bénigne si on se met à l’ombre et qu’on se rafraîchit. Le coup de chaleur, ou hyperthermie, est bien plus grave : il survient quand le corps ne parvient plus à réguler sa température centrale, qui dépasse alors 40 °C. Il peut survenir sans exposition directe au soleil, par exemple dans une pièce surchauffée ou lors d’un effort physique intense par forte chaleur.
Symptômes du coup de chaleur : les signes qui ne trompent pas
Les signes d’alerte doivent être connus de tous. La peau devient très chaude, rouge et souvent sèche, car le mécanisme de transpiration peut s’être arrêté. La température corporelle dépasse 40 °C. S’y ajoutent des maux de tête violents, une confusion mentale, des propos incohérents, une désorientation, parfois une agressivité inhabituelle. Le pouls est rapide, la respiration accélérée. Peuvent survenir des vertiges, des nausées, des vomissements, des troubles de la vision, et dans les formes graves une perte de connaissance ou des convulsions. Face à ces signes, chaque minute compte.
Premiers gestes d’urgence en attendant les secours
Dès les premiers signes, il faut agir sans attendre. Placer la personne à l’ombre ou dans un endroit frais, l’allonger et surélever légèrement ses jambes. La déshabiller pour favoriser l’évacuation de la chaleur. La rafraîchir activement : asperger le corps d’eau fraîche, appliquer des linges humides, ventiler, placer des poches de froid enveloppées d’un tissu sur la nuque, les aisselles et l’aine, zones de passage des gros vaisseaux. Si la personne est consciente et capable de boire, lui donner de l’eau fraîche par petites gorgées. Ne jamais donner d’alcool ni de médicaments contre la fièvre, inefficaces ici. Surveiller en permanence son état de conscience.
Populations à risque : personnes âgées, sportifs, nourrissons
Trois profils sont particulièrement exposés. Les personnes âgées, dont la thermorégulation et la perception de la soif sont diminuées, constituent la majorité des victimes lors des canicules. Les nourrissons et jeunes enfants, dont le système de régulation thermique est immature et qui ne peuvent pas se rafraîchir ni s’hydrater seuls. Les sportifs et travailleurs de force, qui produisent une chaleur interne importante par l’effort et peuvent basculer très vite en hyperthermie, même jeunes et en bonne santé. Les personnes sous certains traitements ou souffrant de maladies chroniques sont également plus fragiles.
Peut-on faire un sport intense pendant la canicule ?
La médecine du sport est claire : lors d’un épisode de canicule, il faut réduire drastiquement, voire suspendre, toute activité physique intense. L’effort augmente la production de chaleur interne au moment même où le corps peine déjà à évacuer la chaleur ambiante, ce qui crée un cumul dangereux. Si l’on tient à bouger, il faut le faire tôt le matin ou tard le soir aux heures les plus fraîches, s’hydrater abondamment avant, pendant et après, et cesser immédiatement au moindre signe de malaise. En cas de suspicion de coup de chaleur avec troubles de la conscience, appeler le 15 sans délai : c’est une urgence vitale qui nécessite une prise en charge hospitalière.





