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Maison neuve en construction avec réseau aéraulique

Gainable en maison neuve : négocier avant de signer le CCMI

Clément M

ClimatisationGainable

Sur une maison neuve, un gainable coûte le prix d’une cuisine équipée ou celui d’une petite voiture, pour le même matériel, selon le mois où vous en parlez à votre constructeur. Voici le calendrier à tenir, ce qu’on écrit dans la notice descriptive et comment garder la porte ouverte quand le budget coince.

L’essentiel

  • Sur 100 à 130 m², un gainable inscrit à la notice avant signature se négocie entre 8 000 et 14 000 € TTC posé ; la même demande après pose des cloisons revient 30 à 50 % plus cher.
  • Une simple réservation (fourreaux, trémie, attente électrique, emplacement d’unité extérieure) se chiffre entre 600 et 1 500 € et repousse la dépense de plusieurs années.
  • Aucune aide à la rénovation ne vise le logement neuf : la TVA à 5,5 % concerne les travaux d’amélioration énergétique dans un logement de plus de 2 ans, et la climatisation air-air seule n’ouvre plus droit à MaPrimeRénov’ depuis le 14/12/2023.
  • Une pose par votre installateur après livraison sort l’équipement du périmètre du constructeur : la garantie de parfait achèvement d’un an ne couvrira pas ce qui en découle.

À quel moment faut-il décider d’un gainable dans une construction neuve ? Pendant la mise au point de la notice descriptive, avant la signature du contrat. C’est la seule fenêtre où la prestation entre dans le prix global, où les autres lots s’organisent autour d’elle sans reprise, et où vous restez en position de comparer. Après, tout passe par un avenant, donc par un prix que vous ne discutez plus.

Le point de bascule, c’est la signature, pas le premier coup de pelle

Beaucoup se disent que tant que la dalle n’est pas coulée, rien n’est figé. En réalité, le constructeur a bâti son prix global sur un descriptif arrêté, consulté ses sous-traitants sur cette base et calé un planning à la semaine près. Une demande postérieure devient une modification de contrat, chiffrée sans concurrence, par une entreprise qui sait que vous ne partirez pas.

Tant que cette fenêtre reste ouverte, vous arbitrez : le gainable contre le poêle du séjour, contre les 6 m² de garage en plus. Et vous mettez deux constructeurs en concurrence sur la même prestation, le levier le plus efficace du dossier.

Méfiez-vous du « on verra ça plus tard, rien ne presse » que sort le commercial. Vrai pour la couleur des volets, faux pour un réseau de gaines qui traverse les combles et perce le plafond de chaque pièce.

Pourquoi la même prestation double de prix quand elle arrive trop tard

Le matériel ne bouge pas. Ce qui gonfle, c’est le reste : reprise des plans, chauffagiste consulté hors marché initial, second passage d’entreprises déjà soldées, finitions à refaire. Ajoutez le planning : un avenant en cours de chantier repousse souvent la livraison de deux à six semaines, ce qui neutralise les pénalités de retard prévues au contrat.

Moment de la décision Surcoût constaté sur devis
Avant signature, inscrit à la notice descriptive Prix de référence, intégré au prix global
Avenant signé avant ouverture du chantier + 5 à 15 %
Avenant en cours de gros œuvre, plafonds encore ouverts + 15 à 30 %, planning décalé
Après pose des cloisons et des plafonds + 30 à 50 %, reprises comprises
Après livraison, faux plafonds à créer + 50 à 80 %, peinture et finitions à votre charge

Ce sont des écarts constatés sur devis, pas un barème. Ils varient selon la maison, mais le sens ne s’inverse jamais.

Un gainable n’est pas un lot, c’en est quatre

C’est ce que les futurs propriétaires sous-estiment le plus. La charpente prévoit la trémie, le passage des gaines et la charge du caisson suspendu, avec assez de hauteur sous entrait pour qu’un technicien y accède plus tard. La plâtrerie gère retombées de plafond, coffres et découpes de bouches, ce qui se dessine avant. L’électricité pose la ligne dédiée, l’alimentation de l’unité extérieure et le thermostat. La couverture encaisse la traversée.

Tant que la prestation reste dans le marché du constructeur, c’est lui qui pilote et qui en répond. Sortez-la de son marché, et l’arbitrage entre corps d’état retombe sur vous.

Les six lignes à faire écrire noir sur blanc dans la notice

  • Emplacement exact du caisson (combles, faux plafond, local technique) et hauteur libre conservée pour la maintenance.
  • Nombre, position et type de bouches pièce par pièce, avec les retombées de plafond correspondantes.
  • Position de l’unité extérieure reportée sur un plan de façade, avec son support : socle béton, plots antivibratiles ou console.
  • Ligne électrique dédiée depuis le tableau, sa protection, emplacement du thermostat.
  • Reprises de plafond, enduits et peinture après passage des gaines : qui les fait, qui les paie.
  • Puissance et référence du modèle, ou à défaut une équivalence technique validée par écrit.

Une notice qui se contente de « climatisation gainable » ne protège de rien. Elle laisse la place à une machine surdimensionnée posée au plus simple, avec une bouche dans le couloir et deux chambres qui ne verront jamais passer d’air. Le jour de la réception, vous n’aurez aucun document à opposer.

La réservation, la sortie par le haut quand le budget coince

Si les 11 000 € ne passent pas dans le plan de financement, gardez le principe et demandez une réservation : fourreaux du tableau jusqu’au caisson, passage libre entre les niveaux, réserve de hauteur dans le couloir, dalle et attente électrique sous l’unité extérieure.

Comptez 600 à 1 500 €, avec un plan daté annexé à la notice. Cette dépense modeste supprime l’essentiel des reprises le jour où vous passerez à l’acte, et ramène une pose à cinq ou dix ans près du prix d’origine plutôt qu’au tarif rétrofit.

Constructeur ou votre installateur : ça se tranche sur les garanties

Par le constructeur, l’équipement entre dans la réception : parfait achèvement pendant un an, bon fonctionnement pendant deux ans sur les équipements dissociables, garantie de livraison à prix et délais convenus attachée au contrat. Un seul responsable, une seule adresse pour les réserves.

Par votre propre installateur après livraison, vous choisissez la marque, vous mettez trois entreprises en concurrence, vous payez le matériel moins cher. En contrepartie, chaque percement dans un ouvrage neuf devient un sujet : si une infiltration apparaît à la traversée en toiture, le constructeur écartera sa responsabilité et c’est la décennale de votre installateur qui répondra. Demandez son attestation avant les travaux, jamais après.

Voie intermédiaire : faire intervenir une entreprise extérieure avant réception, sur autorisation écrite du constructeur. Certains l’acceptent, beaucoup refusent, cela se discute pendant la négociation. Pensez aussi à l’entretien : pour les appareils de 4 à 70 kW, il est obligatoire tous les deux ans au maximum, contrôle d’étanchéité inclus (décret 2020-912). Un caisson enfoui sans trappe correcte transforme cette visite en chantier.

Une maison de 112 m² près de Montpellier, chiffres en main

Plain-pied de 112 m² avec combles perdus, chauffage prévu au contrat par radiateurs électriques rayonnants. Le couple veut un gainable réversible de 7 kW, six bouches, unité extérieure en pignon nord.

Chiffré à la notice avant signature : 11 200 € TTC posé, gaines isolées et reprises de plafond comprises. En avenant, chantier ouvert et cloisons non montées : 13 600 €. Après livraison, par leur propre installateur : 12 400 € de pose plus 1 500 € de reprises de plafond et de peinture, soit 13 900 € et deux semaines de poussière dans une maison habitée.

Aides : aucune, on est dans le neuf, TVA à 20 %. Face aux rayonnants prévus au contrat, l’économie de chauffage est estimée entre 350 et 600 € par an selon les usages, avec le rafraîchissement en prime l’été. Les 2 400 à 2 700 € perdus en décidant trop tard représentent donc quatre à sept ans d’économies.

Les cas où ce n’est pas le bon choix, et les arguments à ne pas gober

Un plain-pied sans combles accessibles, une toiture terrasse, un plafond bas dans les circulations : le gainable y devient une gymnastique de coffres qui mange hauteur et budget. Sur 80 m² compacts, deux splits muraux bien placés font le travail pour un tiers du prix.

En lotissement, lisez le règlement avant de choisir la façade : beaucoup interdisent tout appareil visible depuis la voie ou imposent un habillage. En secteur soumis aux Bâtiments de France, l’unité extérieure se traite dans le permis, pas après. Ajoutée sur une maison achevée, elle modifie l’aspect extérieur, ce qui relève en principe d’une déclaration préalable.

Le voisinage, ensuite. L’OMS recommande 30 dB(A) la nuit dans les chambres et la réglementation sur les bruits de voisinage retient une émergence de 3 dB(A) la nuit (art. R.1336). Une unité sous la fenêtre de la chambre parentale ou à deux mètres de la limite séparative, c’est le litige au premier été chaud.

Restent les arguments commerciaux : le pack chauffage plus climatisation présenté comme non dissociable, le devis qui gonfle dès que vous parlez financement, la puissance annoncée « pour être tranquille » alors qu’une machine surdimensionnée cyclera et vieillira mal. Exigez le calcul de déperditions pièce par pièce.

Vos questions, nos réponses

Peut-on installer un gainable après la livraison de la maison ?

Oui, dès lors qu’un passage existe en combles ou en faux plafond. Mais le budget change de nature : comptez 50 à 80 % de plus qu’une pose intégrée au contrat, entre création des coffres, reprise des plafonds et peintures. Aucune aide ne compense : dans le neuf, MaPrimeRénov’ ne s’applique pas, et la climatisation air-air seule en est exclue depuis le 14/12/2023. La TVA à 5,5 % vise les logements de plus de 2 ans.

Le constructeur peut-il refuser d’inscrire un gainable au contrat ?

Oui. Il vend un modèle chiffré avec ses entreprises partenaires, et rien ne l’oblige à intégrer une prestation hors catalogue. D’où l’intérêt de poser la question avant signature, quand vous comparez encore deux ou trois constructeurs : un refus devient un critère de choix. En cours de chantier, ce même refus vous laisse sans solution avant la remise des clés, avec un retour au rétrofit et à ses reprises.

Une réservation suffit-elle vraiment pour poser dix ans plus tard ?

Elle suffit si elle est précise : plan annexé à la notice, fourreaux de diamètre suffisant, réserve de hauteur dans les circulations, attente électrique dédiée protégée au tableau, dalle dimensionnée sous l’unité extérieure. Une mention vague du type « attente pour climatisation » ne vaut rien dix ans après, quand personne n’aura le souvenir de ce qui a été passé dans les cloisons.

Avant de signer, faites chiffrer la prestation par le constructeur, puis demandez deux devis à des installateurs locaux sur le même descriptif, visite sur place comprise. L’écart entre les trois documents vous dira en une soirée si la proposition est négociable et sur quelle ligne appuyer.

A propos de l'auteur :

Clément M

Clément est entrepreneur et fondateur de Clima Progress. Il décrypte la rénovation énergétique sans langue de bois : pompes à chaleur, aides, isolation, prix réels et pièges à éviter. Son obsession : aider chaque propriétaire à faire les bons choix, chiffres à l'appui.

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