Santé publique France a rendu son bilan de l’été 2025, et le chiffre s’impose : plus de 5 700 décès sont attribuables à l’exposition de la population à la chaleur sur l’ensemble de la période de surveillance, soit plus de 3 % de la mortalité toutes causes. La chaleur n’est pas un inconfort passager, c’est une cause de mortalité de premier plan, et l’été 2025 vient de le rappeler à l’échelle du pays.
Ce que disent les chiffres
Sur ces 5 700 décès, plus de 1 900 sont survenus pendant les épisodes de canicule eux-mêmes, où ils ont représenté plus de 12 % de la mortalité toutes causes observée. Le reste s’est produit hors des pics officiels, pendant des périodes simplement chaudes, ce qui montre que le danger ne se limite pas aux jours placés en alerte. Les recours aux soins d’urgence ont suivi : plus de 24 000 passages pour hyperthermie, déshydratation ou hyponatrémie, avec des passages aux urgences multipliés par 2,9 et des consultations SOS Médecins par 6,5 pendant les canicules.
Une France très largement concernée
L’été n’a pas épargné grand monde. Soixante-neuf départements ont connu au moins une canicule, touchant près de 80 % de la population. Météo-France en fait le troisième été le plus chaud depuis 1900, avec une température moyenne supérieure de 1,9 °C à la normale de la période 1991-2020. L’événement n’a plus rien d’exceptionnel au sens statistique : il s’inscrit dans une série d’étés qui repoussent, année après année, la définition de la normale.
Qui meurt de la chaleur
La mortalité se concentre sur les plus âgés : près des trois quarts des décès ont touché des personnes de 75 ans et plus. Ce sont elles qui régulent le moins bien leur température, qui ressentent moins la soif, et qui vivent parfois seules dans des logements surchauffés. Mais la chaleur tue à tout âge : neuf accidents du travail mortels en lien possible avec elle ont été notifiés, concernant des actifs de 35 à 63 ans. Personne n’est totalement à l’abri d’un effort au mauvais moment sous un soleil trop fort.
Des morts largement évitables
C’est le point à retenir : la très grande majorité de ces décès n’a rien d’inéluctable. Un logement où l’on peut maintenir une pièce sous 26 °C, des visites régulières aux personnes isolées, l’hydratation, l’ombre et le repos aux heures chaudes changent l’issue. Pour les plus fragiles, disposer d’au moins une pièce rafraîchie, chez soi ou dans un lieu public accessible, fait partie des mesures qui sauvent. C’est l’écart entre subir la chaleur et la traverser.
Si un proche âgé vit dans un logement qui surchauffe, l’été prochain se prépare dès maintenant. Faire évaluer par un artisan RGE une protection solaire, une isolation de toiture ou l’installation d’un rafraîchissement dans la pièce de vie est une démarche concrète, et souvent moins coûteuse qu’on ne l’imagine, pour transformer une pièce invivable en refuge.







