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Travail et chaleur : les nouvelles obligations des employeurs depuis le décret 2025

Clément M

Climatisation

Depuis le 1er juillet 2025, un employeur ne peut plus se contenter de distribuer des bouteilles d’eau quand la température grimpe. Un décret du 27 mai 2025, publié au Journal officiel le 1er juin, a inscrit la chaleur parmi les risques professionnels à part entière. L’été 2025 en a rappelé l’enjeu : neuf accidents du travail mortels ont été notifiés en lien possible avec la chaleur, touchant huit hommes et une femme de 35 à 63 ans.

Ce que le décret impose vraiment

Le principe est simple : l’employeur doit évaluer le risque lié à l’exposition à la chaleur, à l’intérieur comme à l’extérieur, et l’inscrire dans son document unique. Dès que cette évaluation révèle un danger pour la santé ou la sécurité, il doit définir et mettre en œuvre des mesures de prévention adaptées. La logique n’est plus de réagir à la canicule, mais de l’anticiper poste par poste.

Le texte énumère plusieurs leviers d’action, à combiner selon les situations :

  • privilégier des procédés de travail qui n’exposent pas à la chaleur ;
  • modifier l’aménagement des locaux et des postes de travail ;
  • adapter l’organisation, y compris les horaires, pour limiter la durée et l’intensité de l’exposition ;
  • installer des moyens techniques réduisant le rayonnement solaire ;
  • augmenter autant que possible l’eau potable fraîche mise à disposition.

La vigilance jaune comme déclencheur

La grande nouveauté tient au seuil de déclenchement. Dès la vigilance jaune « chaleur » de Météo-France, et non plus seulement en cas d’alerte rouge, l’employeur est tenu d’adapter l’organisation du travail : horaires décalés vers les heures fraîches, suspension des tâches les plus pénibles aux heures chaudes, temps de repos allongés. La vigilance jaune étant fréquente en été, l’obligation devient un réflexe de saison plutôt qu’une exception.

Ce que ça change pour les salariés

Concrètement, un salarié peut désormais s’attendre à des points d’eau accessibles, à des zones d’ombre ou rafraîchies sur les chantiers, à des pauses plus longues et à une réorganisation des tâches lourdes quand la chaleur monte. Le droit de retrait reste mobilisable en cas de danger grave et imminent, par exemple sur une toiture en plein soleil sans protection. Le décret ne fixe pas une température couperet unique à partir de laquelle on arrête tout, mais il oblige l’employeur à démontrer qu’il a évalué la situation et agi en conséquence.

Les angles morts du dispositif

Tout n’est pas réglé pour autant. Le texte laisse une large part d’appréciation à l’employeur sur le niveau de risque et les mesures proportionnées, ce qui rend le contrôle délicat. Les très petites entreprises, les intérimaires et les indépendants sur les chantiers restent les plus exposés à une application inégale. Reste que l’obligation existe désormais noir sur blanc, et qu’un accident lié à la chaleur pourra être jugé à l’aune de ce qui aurait dû être fait.

Employeur, la première étape ne coûte presque rien : mettez à jour votre document unique avec le risque chaleur avant le prochain épisode. Salarié, vous pouvez demander à le consulter et vérifier que les mesures y figurent. Pour un local de travail qui surchauffe, faire évaluer une solution de rafraîchissement ou de protection solaire par un professionnel qualifié est souvent le meilleur point de départ.

A propos de l'auteur :

Clément M

Clément est entrepreneur et fondateur de Clima Progress. Il décrypte la rénovation énergétique sans langue de bois : pompes à chaleur, aides, isolation, prix réels et pièges à éviter. Son obsession : aider chaque propriétaire à faire les bons choix, chiffres à l'appui.

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