Beaucoup de foyers ont voulu refuser l’installation de Linky. La question revient sans cesse : en a-t-on vraiment le droit ? La réponse est plus nuancée que ce que promettent les pétitions et les collectifs.
À qui appartient le compteur
Point de départ souvent ignoré : le compteur ne vous appartient pas. Il est la propriété des collectivités locales, qui en concèdent la gestion à Enedis. Vous êtes usager du réseau, pas propriétaire du matériel de comptage. Cette distinction change tout, car on ne peut pas s’opposer durablement au remplacement d’un équipement qui n’est pas le sien.
Ce que vous pouvez, et ne pouvez pas
Si votre compteur se trouve à l’intérieur de votre domicile, vous pouvez refuser l’accès à un technicien, car nul ne peut entrer chez vous sans votre accord. En revanche, si le compteur est situé à l’extérieur ou dans une partie commune accessible, rien n’empêche techniquement son remplacement. Surtout, ce refus d’accès ne constitue pas un droit à conserver indéfiniment un ancien compteur : il retarde l’installation, il ne l’annule pas.
Les frais depuis 2023
C’est le tournant décisif. Depuis le 1er janvier 2023, les foyers qui ont refusé Linky et dont le compteur ne transmet pas automatiquement les index doivent communiquer eux-mêmes leur relevé à intervalle régulier. À défaut, un relevé physique est facturé, ce qui se traduit par des frais supplémentaires sur la facture. Autrement dit, refuser Linky n’est plus gratuit : le maintien d’un ancien compteur non communicant a désormais un coût.
Que faire si Linky vous inquiète
Plutôt que de s’épuiser dans un refus qui coûte et ne tient pas dans la durée, il est souvent plus efficace d’agir sur ce qui pose réellement question. Vous pouvez vous opposer à la collecte de votre courbe de charge détaillée et maîtriser le partage de vos données, comme nous l’expliquons dans notre article sur le fonctionnement de Linky. C’est là, sur la maîtrise des données, que se joue l’essentiel, bien plus que sur un refus de principe difficile à tenir.



