À partir de septembre 2026, MaPrimeRénov’ pourrait cesser de financer la plupart des travaux réalisés seuls, en dehors d’une rénovation d’ampleur. Le gouvernement veut recentrer l’aide par geste sur trois travaux seulement. Attention : rien n’est encore publié au Journal officiel.
Ce qui devrait changer
Le projet du ministère du Logement prévoit de sortir de l’aide par geste, dès septembre 2026, une longue liste de travaux jusqu’ici finançables individuellement. Seraient concernés l’installation de poêles à bois ou à granulés, les chauffe-eau solaires et systèmes solaires combinés (sauf outre-mer), les chauffe-eau thermodynamiques, la ventilation, ainsi que l’isolation des combles et toitures et le remplacement des fenêtres.
Ne resteraient éligibles en monogeste que trois travaux : la pompe à chaleur de chauffage, le raccordement à un réseau de chaleur et la dépose d’une cuve à fioul. Tout le reste basculerait dans le parcours accompagné, c’est-à-dire une rénovation d’ampleur avec plusieurs gestes et un audit énergétique.
Qui est concerné
Les premiers touchés sont les propriétaires qui comptaient financer un seul geste à la fois : changer ses fenêtres cette année, isoler les combles l’an prochain, installer un ballon thermodynamique ensuite. Cette logique de travaux échelonnés, très répandue pour étaler l’effort financier, perdrait son principal soutien public.
Le calcul devient particulièrement sensible pour un chauffe-eau thermodynamique ou un poêle à granulés, deux équipements souvent posés seuls, en remplacement d’un appareil vétuste. Après la réforme, il faudrait les intégrer à un bouquet de travaux plus large pour espérer une aide.
Ce que ça change pour votre projet
Le message est simple : un projet monogeste mûr a intérêt à être déposé avant l’entrée en vigueur. Les dossiers déposés avant la date butoir seraient traités selon les règles en vigueur au moment du dépôt, une clause de transition classique dans ce type de réforme.
Reste que déposer un dossier suppose un devis signé avec un artisan certifié RGE et un calendrier réaliste : à l’approche de l’échéance, les délais des installateurs s’allongent. Mieux vaut anticiper de plusieurs mois que de se précipiter fin août sur un devis bâclé.
Ce qui reste flou
Rien n’est acté à ce stade. Le décret et l’arrêté ont été présentés au Conseil national de l’habitat le 2 juillet 2026, qui a rendu un avis défavorable, purement consultatif. C’est la publication des textes au Journal officiel qui fixera la liste définitive des travaux exclus et la date exacte d’application. Tant que cette publication n’a pas eu lieu, la date de septembre 2026 et le périmètre exact peuvent encore évoluer.
Deux inconnues pèsent particulièrement : la date précise retenue et le sort réservé aux dossiers en cours de montage au moment du basculement. Nous mettrons cet article à jour dès la parution officielle.
Faut-il se dépêcher
Si vous avez un projet monogeste déjà réfléchi, notamment un ballon thermodynamique, un poêle ou une isolation de combles, il devient raisonnable de le concrétiser sans traîner, sans pour autant signer n’importe quoi. Faites établir plusieurs devis d’artisans RGE et comparez-les avant de vous engager : une aide qui disparaît ne justifie pas d’accepter un prix gonflé ou un matériel mal choisi.



