Depuis début juillet, une bonne partie du secteur de la rénovation communique sur la fin des aides monogeste au 1er septembre 2026 comme si l’affaire était pliée. Au 17 août 2026, elle ne l’est toujours pas : le décret n’est pas paru au Journal officiel, et l’échéance qui concerne réellement les particuliers ce mois-ci est ailleurs.
Le projet du gouvernement existe bien, il est documenté, il a été soumis pour avis et il vise toujours la même date. Mais tant qu’un texte n’est pas publié, il ne s’applique pas. C’est une nuance que les argumentaires commerciaux de l’été ont tendance à écraser, avec une petite musique du type « signez avant septembre, après ce sera trop tard ».
Depuis le 17 août, un compte France Rénov’ unique pour déposer
C’est l’information pratique la plus concrète, et elle est certaine, elle. Les plateformes MaPrimeRénov’, France Rénov’ et Mon Projet Anah ont été fermées du 3 au 17 août 2026, deux semaines pendant lesquelles ni la création d’un compte, ni le dépôt d’une demande, ni la réclamation d’un paiement de solde n’étaient possibles.
Ce n’était pas un arrêt du dispositif mais une bascule technique : les services de l’Anah ont migré vers un compte personnel unique France Rénov’, sécurisé par FranceConnect+, qui regroupe MaPrimeRénov’, MaPrimeAdapt’ et Mon Projet Anah. Depuis le 17 août 2026, France Rénov’ est le point d’entrée unique des aides de l’Anah, et les dossiers déjà engagés sont repris automatiquement après vérification d’identité. Concrètement, il reste une dizaine de jours ouvrés pour déposer avant la date visée par le projet de décret, avec une identité FranceConnect+ à activer d’abord si vous n’en avez pas.
Les six gestes qui sortiraient du parcours par geste
Le projet de texte retirerait du parcours par geste, au 1er septembre 2026 :
- les poêles à bois et à granulés ;
- les chauffe-eau et chauffages solaires ;
- le chauffe-eau thermodynamique ;
- la VMC ;
- l’isolation des toitures et des combles ;
- les fenêtres.
Ne resteraient finançables geste par geste que trois postes : la pompe à chaleur de chauffage, le raccordement à un réseau de chaleur et la dépose de cuve à fioul. L’objectif budgétaire affiché est de 300 millions d’euros d’économies sur l’enveloppe MaPrimeRénov’. Pour qui envisageait de remplacer son ballon d’eau chaude, le sujet est direct : les aides au ballon thermodynamique en 2026 reposent aujourd’hui sur ce parcours par geste.
Le mouvement n’est pas inédit. L’isolation des murs et les chaudières biomasse sont déjà sorties du parcours par geste depuis le 1er janvier 2026, et ne restent finançables que dans le parcours rénovation d’ampleur. Ceux qui ont chiffré un projet de chaudière à granulés cette année ont déjà eu à composer avec ce basculement.
Un avis défavorable qui ne bloque rien
Le Conseil national de l’habitat a rendu un avis défavorable le 2 juillet 2026. Cet avis pèse politiquement, il ne verrouille rien juridiquement : il est consultatif, et le gouvernement peut publier son décret malgré lui. C’est d’ailleurs ce qu’il indique viser, avec une entrée en vigueur maintenue au 1er septembre.
Résultat, deux lectures coexistent depuis six semaines. Celle des installateurs, qui préparent leurs plannings comme si la mesure était actée. Et celle des textes, qui dit simplement qu’au 17 août 2026, ni le décret ni l’arrêté ne figurent au Journal officiel.
Ce qui reste applicable aujourd’hui
Tant qu’aucun texte n’est publié, le barème en vigueur au 17 août 2026 continue de s’appliquer, en parcours par geste et pour les ménages très modestes, modestes et intermédiaires.
| Équipement | Montant MaPrimeRénov’ (très modeste / modeste / intermédiaire) |
|---|---|
| PAC air-eau | 5 000 / 4 000 / 3 000 € (plafond de dépense 12 000 €) |
| PAC géothermique | 11 000 / 9 000 / 6 000 € |
| Chauffe-eau thermodynamique | 1 200 / 800 / 400 € (logement de plus de 15 ans) |
| Poêle à granulés | 1 250 € pour les ménages très modestes (plafond de dépense 5 000 €) |
Deux garde-fous ne bougent pas : le cumul MaPrimeRénov’ et CEE reste plafonné à 90, 75 ou 60 % du coût des travaux selon la tranche de revenus, et l’installateur doit être qualifié RGE. L’éco-PTZ, jusqu’à 50 000 € sur 20 ans et sans condition de revenus, n’est pas concerné par le projet de décret.
Ce qui reste flou
Beaucoup de choses, et il vaut mieux le dire franchement plutôt que de trancher à la place du texte :
- La date d’effet réelle. Le 1er septembre 2026 est une cible, pas une date publiée. Un report de quelques semaines reste possible.
- Le sort des devis déjà signés. Aucune règle de transition n’est officielle à ce jour.
- La date qui compte pour un dossier en cours : signature du devis, dépôt de la demande, ou facture ? C’est typiquement le genre de point que seul le décret fixera.
- La liste définitive des gestes exclus, qui peut encore évoluer entre le projet soumis au CNH et la version publiée.
Sur ces quatre points, aucune source sérieuse ne peut répondre aujourd’hui. C’est la publication au Journal officiel, et elle seule, qui fixera la liste, le calendrier et les modalités de transition. Un commercial qui vous affirme le contraire au téléphone en août vous vend une certitude qu’il n’a pas.
La seule échéance ferme de ce mois-ci reste donc le 17 août, réouverture des plateformes sous la nouvelle adresse unique France Rénov’. D’ici là, le temps est mieux employé à faire chiffrer le projet qu’à courir après une date : faites établir plusieurs devis d’artisans RGE, comparez-les ligne à ligne, et gardez le dossier prêt à déposer dès la réouverture.








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