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Equipement technique d'une piscine avec pompe et filtration au soleil

Piscine : la pompe de filtration peut coûter plus que la clim

Quatrième vague de chaleur de l’été, et un poste de dépense passe presque inaperçu au fond du jardin. La pompe qui fait tourner l’eau de la piscine tourne de plus en plus longtemps, et sa facture grimpe pendant que vous regardez ailleurs.

L’essentiel

  • Une pompe de filtration monovitesse tire en général 0,5 à 1,5 kW selon la taille du bassin, dès qu’elle est en marche.
  • La durée de filtration se cale sur la température de l’eau : une règle courante veut qu’on divise cette température par deux pour obtenir le nombre d’heures par jour.
  • Eau à 28 ou 30 degrés en canicule, cela donne 14 à 15 heures de fonctionnement quotidien, voire 24 heures sur 24 au delà de 30 degrés.
  • Passer à une pompe à vitesse variable réduit la note de la filtration jusqu’à environ 70 % selon les fabricants, une fourchette à prendre comme un ordre de grandeur.

Pourquoi la filtration s’emballe quand il fait 38 degrés

Précisons d’abord de quoi on parle. Il s’agit ici de la pompe de filtration, celle qui aspire l’eau, la pousse dans le filtre et la renvoie propre dans le bassin. Rien à voir avec une pompe à chaleur de piscine, qui elle sert à chauffer l’eau. Les deux consomment, mais ce sont deux appareils différents.

La filtration suit une logique simple : plus l’eau est chaude, plus les algues et les bactéries se développent vite, donc plus il faut brasser et filtrer. D’où cette règle de terrain que beaucoup de pisciniers répètent, la température de l’eau divisée par deux donne le nombre d’heures de filtration par jour. À 24 degrés, on tourne autour de 12 heures. Quand la canicule pousse l’eau à 28 ou 30 degrés, on passe à 14 ou 15 heures, et au delà de 30 degrés beaucoup de fabricants recommandent tout simplement de ne plus l’arrêter.

Le piège, c’est que ce basculement ne se voit pas. La pompe ne fait pas plus de bruit, elle tourne juste deux fois plus longtemps qu’au printemps. Le compteur, lui, le remarque très bien.

Le moment où elle passe devant la clim

Prenons une pompe de 1 kW, un cas très répandu pour un bassin familial. En canicule, réglée sur 15 heures par jour, elle avale 15 kWh quotidiens. Sur un mois de fortes chaleurs, cela fait environ 450 kWh. Au tarif de l’électricité de cet été, disons autour de 0,25 euro le kWh, on arrive dans les 110 euros pour ce seul mois. Ce sont des estimations, votre chiffre dépend de la puissance réelle et de votre contrat, mais l’ordre de grandeur tient.

Mettez ça en face d’un climatiseur mobile ou d’un split utilisé par intermittence, quelques heures le soir et la nuit pour dormir. Sur le même mois, une clim allumée avec parcimonie reste souvent en dessous de cette barre. Autrement dit, l’appareil que vous surveillez du coin de l’œil parce qu’il rafraîchit la maison peut coûter moins cher que celui que vous oubliez au fond du jardin. C’est ce paradoxe qui remonte dans la presse spécialisée cette semaine, chez JeChange le 26 juillet notamment.

Trois ou quatre leviers pour payer moins

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut réduire la note sans laisser l’eau virer.

Le levier le plus lourd reste la pompe à vitesse variable. Elle filtre plus longtemps mais à faible régime, là où une monovitesse fonce à pleine puissance en permanence. Les fabricants annoncent des économies qui peuvent aller jusqu’à 70 %, parfois plus, sur la part filtration. À prendre comme un plafond, pas comme une promesse, mais l’écart est réel.

Ensuite, le calendrier. Filtrer la nuit, en heures creuses, revient moins cher le kWh si votre contrat le permet, et la pompe fait moins de bruit quand tout le monde dort. Beaucoup de piscinistes conseillent de basculer une large part du temps de filtration sur la plage nocturne.

Il y a aussi le réglage de la durée. Inutile de laisser tourner 18 heures si l’eau est à 26 degrés, la règle de la moitié suffit à ajuster au plus juste. Et puis l’entretien : un filtre encrassé force la pompe à travailler davantage pour un débit moindre, donc à consommer plus pour un résultat pire. Un nettoyage régulier du filtre et du préfiltre, c’est de l’électricité économisée sans rien changer d’autre. Cette logique du bon réglage, on l’a déjà creusée côté chauffage dans notre article sur le pilotage et le délestage par la domotique.

L’erreur qui coûte plus cher que l’électricité

Face à la facture, la tentation existe de couper franchement la filtration quelques jours pour souffler. Mauvaise idée en pleine canicule. Une eau à 30 degrés qui ne circule plus vire au vert en 48 heures, les algues s’installent, et il faut ensuite un traitement choc plus de la filtration en continu pour rattraper le coup. Sans parler du risque sanitaire d’une eau stagnante et chaude, terrain idéal pour les bactéries. Au bout du compte, la coupure vous coûte plus cher en produits et en électricité qu’elle ne vous a fait économiser. Le geste malin n’est pas d’éteindre, c’est de filtrer mieux, au bon moment et à la bonne vitesse.

Si vous jonglez déjà avec le climatiseur pour tenir la maison au frais, on détaille ailleurs comment régler la clim au plus juste sans exploser la facture. Piscine et climatisation tirent sur le même compteur, et c’est souvent en additionnant les deux qu’on prend la vraie mesure de l’été.

Avant d’investir dans une pompe à vitesse variable, un réflexe simple : relevez la puissance inscrite sur la plaque de votre pompe actuelle et multipliez-la par vos heures de filtration réelles. Vous saurez en deux minutes combien vous coûte chaque jour de canicule, et si le remplacement se rembourse vraiment.

A propos de l'auteur :

Clément M

Clément est entrepreneur et fondateur de Clima Progress. Il décrypte la rénovation énergétique sans langue de bois : pompes à chaleur, aides, isolation, prix réels et pièges à éviter. Son obsession : aider chaque propriétaire à faire les bons choix, chiffres à l'appui.

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