Il y a chaque année une quinzaine de jours, entre le 10 et le 30 septembre, où le salon est à 18 °C le matin et à 24 °C l’après-midi. Personne n’a envie de relancer toute l’installation pour ça. Alors on sort le radiateur soufflant du placard, et on se dit que deux ou trois semaines d’appoint ne coûteront rien. Le calcul mérite d’être fait, parce qu’il donne souvent l’inverse de l’intuition.
Le prix de base, à jour au 19 août 2026
Deux chiffres suffisent pour tout ce qui suit. Au tarif réglementé de vente, l’électricité est à 0,2001 euro le kWh TTC en option base à 6 kVA depuis la révision du 1er août 2026, avec un abonnement annuel de 190,32 euros. Côté gaz, le prix repère de la Commission de régulation de l’énergie s’établit à 0,1253 euro le kWh TTC en usage chauffage pour août 2026, abonnement annuel de 360,79 euros, avec une hausse de 7,3 % annoncée pour septembre.
Ces valeurs bougent. Reprenez-les sur votre propre facture avant de refaire le calcul en 2027.
Un point que le rayon chauffage ne dit jamais
Tous les appareils de chauffage électrique à résistance ont le même rendement : 100 %. Un convecteur à 29 euros, un panneau rayonnant à 180 euros et un radiateur à inertie fonte à 600 euros transforment exactement la même quantité d’électricité en la même quantité de chaleur. À besoin identique, la facture est identique.
Ce qui change entre eux, c’est le confort et la régulation. Un appareil à inertie diffuse plus doucement, ne brasse pas la poussière et se pilote mieux, ce qui peut réduire la consommation parce que vous n’aurez pas à surchauffer pour compenser une sensation désagréable. Mais l’économie vient du réglage, pas de la technologie. Pour trois semaines d’appoint, acheter un appareil cher n’a aucun sens.
Un ordre de grandeur pour cadrer : 2 000 W pendant 3 heures, c’est 6 kWh, soit 1,20 euro par jour. Sur quinze jours effectifs, 18 euros. Voilà le vrai chiffre de l’appoint dans une pièce.
Le calcul qui décide de rallumer ou non
Maintenant, la comparaison utile. Une maison correctement isolée d’environ 100 m² a besoin, sur une matinée de septembre à 13 °C extérieurs, de l’ordre de 8 kWh de chaleur pour l’ensemble du logement. C’est peu, et c’est justement pour cela que la mi-saison est le meilleur moment de l’année pour une pompe à chaleur.
Une PAC air-eau travaillant sur un faible écart de température atteint en septembre son meilleur coefficient de performance de l’année, souvent autour de 4. Les 8 kWh de chaleur coûtent alors 2 kWh d’électricité, soit 0,40 euro par jour, pour toute la maison. L’appoint électrique, lui, coûte 1,20 euro pour une seule pièce.
| Solution | Périmètre chauffé | Énergie par jour | Coût par jour | 15 jours |
|---|---|---|---|---|
| Appoint électrique 2 000 W, 3 h | Une pièce | 6 kWh élec | 1,20 euro | 18 euros |
| Appoint 2 000 W dans deux pièces | Deux pièces | 12 kWh élec | 2,40 euros | 36 euros |
| PAC air-eau relancée, COP 4 | Logement entier | 2 kWh élec | 0,40 euro | 6 euros |
| PAC air-air réversible en mode chaud | Une à deux pièces | Environ 2 kWh élec | 0,40 euro | 6 euros |
| Chaudière gaz à condensation | Logement entier | Environ 10 kWh gaz | 1,25 euro | 19 euros |
La conclusion est nette et contre-intuitive : si vous avez une pompe à chaleur, la relancer coûte moins cher que de chauffer une seule pièce à la résistance. Le seul cas où l’appoint gagne, c’est face à une chaudière, et l’écart reste faible.
Deux réserves honnêtes. La première est que ces chiffres supposent une installation bien réglée : une PAC qui tourne avec une loi d’eau trop haute perd une bonne partie de son avantage, comme nous l’avons montré dans notre article sur le réglage de la courbe de chauffe. La seconde est que la relance d’un système central sur une maison très inerte demande plusieurs heures avant que la température ne monte, ce qui interdit le pilotage à la journée.
Le cas de l’appartement en chauffage collectif
Il est à part, parce que vous ne décidez de rien. La date de mise en route est fixée par le syndic ou le conseil syndical, souvent autour de la mi-octobre, parfois plus tard selon la température extérieure. Entre le 10 septembre et cette date, l’appoint est la seule option.
Dans ce cas, la stratégie qui marche est de chauffer court et ciblé, pas long et large : la pièce de vie le matin, la salle de bain vingt minutes avant la douche, rien la nuit. Un thermostat déporté ou une simple prise programmable coûte une quinzaine d’euros et évite les huit heures de fonctionnement inutile qui font toute la différence sur une facture. Sur le choix de l’équipement d’appoint lui-même, y compris les solutions au combustible, voir les alternatives au poêle à pétrole.
Trois réglages qui pèsent plus que le choix de l’appareil
La consigne d’abord. L’Ademe retient un ordre de grandeur de 7 % de consommation en plus par degré supplémentaire. Passer de 20 à 21 °C sur une pièce de vie coûte donc davantage que le choix entre deux modèles de radiateurs.
La durée ensuite. Un appoint laissé en marche pendant l’absence de la journée multiplie la facture par trois sans améliorer le confort au retour, parce que la pièce se remet en température en quinze à vingt minutes.
La fermeture des volets enfin, dès la tombée du jour. Un volet clos divise par deux les déperditions d’une baie vitrée. En septembre, avec des nuits qui descendent à 10 °C et des journées à 24 °C, ce geste seul supprime souvent le besoin d’appoint du lendemain matin. C’est aussi le raisonnement inverse de celui de l’été, développé dans notre comparatif radiateurs à inertie ou PAC air-air sur dix ans.
Questions fréquentes
Vaut-il mieux attendre octobre pour rallumer le chauffage central ?
Si vous êtes équipé d’une pompe à chaleur, non : la relancer en septembre coûte peu et lisse la montée en température, ce qui évite les à-coups. Avec une chaudière, l’arbitrage dépend du nombre de matinées froides. En dessous de dix jours concernés, l’appoint ciblé reste plus économique.
Un radiateur à inertie consomme-t-il moins qu’un convecteur ?
Non, pas à chaleur délivrée égale : les deux ont un rendement de 100 %. L’inertie améliore le confort et la stabilité, ce qui peut indirectement réduire la consommation si cela vous évite de monter la consigne. Aucun appareil électrique à résistance ne produit plus de chaleur qu’il ne consomme d’énergie.
Combien coûtent trois semaines d’appoint dans deux pièces ?
Avec deux appareils de 2 000 W utilisés 3 heures par jour sur quinze jours effectifs, comptez 180 kWh, soit environ 36 euros au tarif du 19 août 2026. C’est le budget à comparer au coût de relance de votre installation principale, pas à zéro.
Le geste à faire cette semaine, avant la première matinée fraîche : relever l’index de votre compteur un dimanche soir, puis le dimanche suivant, sans rien changer à vos habitudes. Vous obtenez votre consommation de base hors chauffage. Tout ce qui s’y ajoutera en septembre sera imputable à l’appoint, et vous saurez enfin ce qu’il coûte réellement chez vous.




