Le coup de chaleur n’est pas un « coup de fatigue » : c’est une urgence vitale où le corps perd sa capacité à se refroidir, et où chaque minute compte. Savoir le reconnaître et agir dans l’ordre, refroidir et appeler le 15, sauve des vies. L’été 2025 a causé environ 5 700 décès liés à la chaleur en France selon Santé publique France.
L’essentiel
- Coup de chaleur = température corporelle très élevée, souvent au-delà de 40 °C, avec troubles neurologiques : confusion, propos incohérents, perte de connaissance.
- Réflexe unique : appeler le 15 (SAMU) ou le 112 et refroidir la personne en attendant les secours.
- Peau chaude et sèche, absence de sueur malgré la chaleur : signe d’alarme majeur, la transpiration a cessé.
- Ne jamais donner ni paracétamol ni aspirine : inefficaces sur cette fièvre et potentiellement aggravants.
Comment reconnaître un coup de chaleur ? Une personne exposée à la chaleur qui devient confuse, tient des propos incohérents, titube ou perd connaissance, avec une peau brûlante et souvent sèche, est en coup de chaleur jusqu’à preuve du contraire. On appelle immédiatement le 15 et on commence à refroidir sans attendre l’arrivée des secours.
Épuisement ou coup de chaleur : la différence qui change tout
| Épuisement lié à la chaleur | Coup de chaleur (urgence vitale) |
|---|---|
| Fatigue, maux de tête, nausées, crampes | Confusion, propos incohérents, troubles de la conscience |
| Peau moite, transpiration abondante | Peau chaude, rouge, souvent sèche : la sudation a cessé |
| Température corporelle peu ou modérément élevée | Température très élevée, souvent au-delà de 40 °C |
| Repos au frais, hydratation : amélioration rapide | Appel du 15 immédiat, refroidissement actif |
L’épuisement précède souvent le coup de chaleur : une personne épuisée par la chaleur qu’on laisse dans les mêmes conditions peut basculer. L’amélioration doit être franche en moins d’une heure au frais ; sinon, on appelle.
Les bons gestes, dans l’ordre exact
- 1. Appeler le 15 (ou le 112) en décrivant : chaleur, confusion, état de la peau. Le médecin régulateur guide la suite.
- 2. Mettre à l’ombre ou au frais : pièce climatisée si possible, sinon ombre et courant d’air.
- 3. Déshabiller et refroidir activement : eau fraîche sur tout le corps, linges humides renouvelés sur la nuque, les aisselles et l’aine, ventilation (éventail, ventilateur).
- 4. Position latérale de sécurité si la personne est inconsciente et respire.
- 5. Faire boire de l’eau par petites gorgées UNIQUEMENT si la personne est parfaitement consciente : jamais en cas de trouble de la conscience, le risque de fausse route est réel.
Ce qu’on ne fait pas : donner du paracétamol ou de l’aspirine (la fièvre du coup de chaleur ne répond pas à ces médicaments et le foie comme la coagulation sont déjà en souffrance), plonger brutalement une personne inconsciente dans un bain glacé sans avis médical, ou la laisser seule « le temps que ça passe ».
Scénario vécu type : le jardinier du dimanche à 15 h
Un homme de 58 ans tond sa pelouse en plein soleil par 36 °C. Vers 15 h, il s’arrête, s’assoit, répond de travers aux questions de sa voisine et veut « juste finir la tonte ». Peau brûlante, visage rouge, t-shirt sec malgré l’effort. La voisine appelle le 15, l’installe à l’ombre, l’asperge d’eau du tuyau d’arrosage et l’évente avec un carton jusqu’à l’arrivée du SMUR. Ce cas cumule les facteurs classiques : effort physique aux heures les plus chaudes, âge, exposition directe. La combinaison effort + chaleur, le « coup de chaleur d’exertion », frappe aussi les sportifs jeunes et en pleine forme : personne n’est structurellement à l’abri.
Qui est le plus exposé, et pourquoi
- Les personnes âgées : la sensation de soif et la sudation s’émoussent avec l’âge, la régulation thermique aussi.
- Les nourrissons et jeunes enfants, qui se déshydratent très vite : nos guides dédiés au coup de chaleur chez l’enfant et chez le bébé détaillent les signes spécifiques.
- Les travailleurs en extérieur : depuis le décret chaleur applicable au 01/07/2025, les employeurs ont des obligations renforcées lors des épisodes de chaleur intense.
- Certains traitements (diurétiques, psychotropes notamment) qui perturbent l’hydratation ou la thermorégulation : question à poser à son pharmacien avant l’été.
- L’alcool, faux ami absolu : il déshydrate et masque les signaux d’alerte.
Le contre-pied : les idées reçues qui retardent l’appel
- « Il transpire, donc ça va » : au stade du coup de chaleur, la transpiration s’arrête souvent, mais un coup de chaleur d’effort peut exister avec une peau encore moite. C’est l’état neurologique qui fait le diagnostic, pas la sueur.
- « Un grand verre d’eau et ça repart » : l’eau ne traite pas une température centrale au-delà de 40 °C. Boire aide l’épuisement, pas le coup de chaleur installé.
- « On va attendre un peu avant de déranger le SAMU » : le pronostic se joue sur la rapidité du refroidissement. Le 15 existe précisément pour ces situations, l’appel « pour rien » n’existe pas ici.
- « C’est un malaise, il faut le couvrir » : couvrir une personne en hyperthermie aggrave le tableau, on déshabille au contraire.
Vos questions, nos réponses
Quels sont les premiers signes d’un coup de chaleur ?
Maux de tête violents, nausées, sensation de chaleur intense, puis les signes d’alarme : confusion, propos incohérents, démarche instable, peau chaude et rouge, souvent sèche. Chez une personne exposée à la chaleur, tout trouble du comportement impose l’appel du 15 sans attendre d’autres symptômes.
Que faire en attendant les secours ?
Refroidir sans relâche : personne à l’ombre ou au frais, déshabillée, aspergée d’eau fraîche, linges humides renouvelés sur nuque, aisselles et aine, ventilation continue. Position latérale de sécurité si elle est inconsciente et respire. Pas de médicament, pas de boisson si la conscience est altérée.
Combien de temps dure un coup de chaleur ?
Pris en charge rapidement, le refroidissement médical ramène la température en quelques heures, mais la surveillance hospitalière se poursuit car les organes (reins, foie, cœur) peuvent souffrir dans les jours suivants. Non traité, le coup de chaleur peut tuer en quelques heures : c’est toute la logique de l’appel immédiat.
Le meilleur traitement reste la prévention : un logement qui reste sous 28 °C protège toute la famille. Nos guides pour maintenir 26 °C sans clim et protéger la maison en canicule donnent la méthode complète, gestes gratuits compris.




