Le match entre chaudière à granulés et pompe à chaleur air-eau s’est déséquilibré au 1er janvier 2026, non pas sur la technique, mais sur les aides. Un même projet peut désormais recevoir plusieurs milliers d’euros ou rien du tout, selon le parcours dans lequel vous entrez.
Cet article compare les deux solutions sur le coût installé, le coût d’usage, les aides mobilisables en 2026 et les contraintes concrètes d’installation. Barèmes et règles en vigueur au 12/08/2026.
L’essentiel
- La PAC air-eau reste éligible au parcours par geste : 5 000, 4 000 ou 3 000 € selon la tranche de revenus, plafond de dépense de 12 000 €.
- Les chaudières biomasse, dont les chaudières à granulés, sont exclues du parcours par geste depuis le 01/01/2026 : elles ne restent finançables qu’en rénovation d’ampleur.
- Le granulé se négociait autour de 412 à 419 € la tonne en palette début 2026, soit environ 0,42 € le kilo.
- Le cumul MaPrimeRénov’ et CEE est plafonné à 90, 75 ou 60 % du coût des travaux selon les revenus.
Faut il choisir une chaudière à granulés ou une pompe à chaleur en 2026 ? Sur le seul critère des aides, la PAC air-eau prend une avance nette, puisque la chaudière à granulés est sortie du parcours par geste au 01/01/2026. Le granulé garde l’avantage sur les maisons anciennes mal isolées avec des radiateurs haute température, où une PAC serait mise en difficulté.
Ce qui a changé sur les aides, et pourquoi c’est décisif
Jusqu’à fin 2025, un propriétaire pouvait faire financer une chaudière à granulés par un simple geste isolé, sans engager de rénovation globale. Ce n’est plus le cas. Depuis le 01/01/2026, les chaudières biomasse ont été retirées du parcours par geste, au même titre que l’isolation des murs. Elles restent éligibles dans le cadre du parcours rénovation d’ampleur accompagné, qui prend en compte jusqu’à 63 000 € de travaux, sans condition de revenus, mais qui suppose un accompagnement obligatoire, un audit énergétique et l’atteinte d’un saut de classes énergétiques.
Autrement dit, le granulé n’est pas exclu des aides, il est exclu du chemin le plus simple. Pour beaucoup de foyers qui voulaient juste remplacer une chaudière en fin de vie, la différence est considérable : il faut désormais monter un projet global ou renoncer à MaPrimeRénov’.
La pompe à chaleur de chauffage, elle, reste dans le parcours par geste. Pour une PAC air-eau, le barème en vigueur au 12/08/2026 s’établit à 5 000 € pour les ménages très modestes, 4 000 € pour les modestes et 3 000 € pour les intermédiaires, avec un plafond de dépense éligible de 12 000 €. En géothermie, les montants montent à 11 000, 9 000 et 6 000 €.
Une précision de calendrier : les plateformes MaPrimeRénov’, France Rénov’ et Mon Projet Anah ont été fermées du 3 au 17 août 2026 pour une bascule vers un compte unique. Aucune demande ne peut être déposée pendant cette période, ce qui décale mécaniquement les dossiers de rentrée.
Le coût d’usage, poste par poste
Le combustible reste le poste qui décide sur quinze ans. Le granulé se situait autour de 412 à 419 € la tonne livrée en palette début 2026, soit environ 0,42 € le kilo, le sac de 15 kg tournant autour de 6 €. Ces prix constatés fluctuent selon la saison, la région et le mode de livraison, le vrac étant généralement moins cher que le sac.
Côté pompe à chaleur, le coût dépend du prix de l’électricité et du coefficient de performance réellement atteint, pas de celui de la brochure. Au 01/08/2026, la CRE a fixé une hausse moyenne de 2,5 % TTC des tarifs réglementés, portant la facture type d’un foyer consommant 4,5 MWh de 1 046 à 1 072 € TTC par an.
Il faut aussi compter l’entretien, souvent oublié dans la comparaison. Une chaudière à granulés demande un ramonage et un entretien annuels, ainsi qu’un décendrage régulier à votre charge. Une PAC relève du décret 2020-912 avec un entretien tous les 2 ans au maximum pour les puissances de 4 à 70 kW, contrôle d’étanchéité inclus.
Face à face, sans complaisance
| Chaudière à granulés | Pompe à chaleur air-eau |
|---|---|
| Exclue du parcours par geste depuis le 01/01/2026, aidée seulement en rénovation d’ampleur | Éligible au parcours par geste, 5 000, 4 000 ou 3 000 € selon les revenus |
| Fonctionne bien avec des radiateurs haute température existants | Rendement dégradé au dessus de 55 °C de température de départ |
| Insensible au froid extérieur, puissance stable en janvier | Performance qui baisse quand la température chute, appoint parfois nécessaire |
| Exige un local de stockage, une livraison accessible et un décendrage régulier | Aucun stockage, mais une unité extérieure bruyante à implanter avec soin |
| Coût installé généralement plus élevé, silo compris | Coût installé plus contenu, surtout en remplacement simple |
Les contraintes physiques que personne ne regarde avant le devis
- Le stockage du granulé : il faut un silo ou une réserve, dans un local sec, accessible au camion souffleur, avec une distance de soufflage compatible.
- Le conduit de fumée : un tubage adapté est nécessaire, et son état conditionne une part du budget.
- L’emplacement de l’unité extérieure de PAC : jamais sous une fenêtre de chambre, ni contre la limite de propriété, sous peine de litige de voisinage.
- Les émetteurs existants : des radiateurs fonte dimensionnés pour 70 °C imposent soit de les remplacer, soit d’accepter une performance de PAC dégradée.
- Le tableau électrique : une PAC peut exiger une adaptation de la puissance souscrite.
Dans les deux cas, la qualification RGE de l’installateur est obligatoire pour MaPrimeRénov’ et pour l’éco-PTZ, lequel peut atteindre 50 000 € sur 20 ans, sans condition de revenus, et se cumule avec MaPrimeRénov’.
Un cas concret, chiffré
Maison de 140 m² construite en 1985, isolation moyenne, radiateurs existants, ancienne chaudière fioul à remplacer. Besoin de chauffage retenu pour l’exemple : 15 000 kWh utiles par an. Ménage aux revenus modestes.
Scénario pompe à chaleur air-eau. Devis de 16 000 € TTC. MaPrimeRénov’ parcours par geste : 4 000 € pour un ménage modeste, dans la limite du plafond de dépense de 12 000 €. S’y ajoutent des CEE dont le montant varie selon l’obligé, à faire chiffrer avant signature. Reste à charge avant CEE : 12 000 €. Consommation estimée avec un coefficient de performance saisonnier réaliste de 3 : environ 5 000 kWh d’électricité par an, soit de l’ordre de 1 000 € annuels avec une hypothèse de 0,20 € le kWh.
Scénario chaudière à granulés. Devis de 20 000 € TTC, silo compris. MaPrimeRénov’ parcours par geste : 0 € depuis le 01/01/2026. Reste à charge avant CEE : 20 000 €, sauf à basculer sur un parcours de rénovation d’ampleur avec audit et accompagnement. Consommation estimée : environ 3,6 tonnes de granulés par an compte tenu du rendement de la chaudière, soit près de 1 500 € annuels au prix constaté de 415 € la tonne.
Sur ce cas, la PAC gagne sur les deux tableaux, à l’investissement comme à l’usage. Ces montants sont des ordres de grandeur constatés en 2026 et des estimations de consommation, pas des garanties : vos économies dépendront de votre isolation, de vos émetteurs et de vos usages.
Quand la pompe à chaleur n’est pas le bon choix
Le résultat ci dessus s’inverse dans plusieurs situations, et il faut le dire clairement. Une maison ancienne en pierre, mal isolée, équipée de radiateurs fonte exigeant une eau à 65 ou 70 °C, met une PAC air-eau en difficulté : la performance s’effondre, l’appoint électrique prend le relais et la facture ne baisse pas comme promis. En zone de montagne, avec des hivers longs et froids, le même problème se pose plus tôt dans la saison.
Le granulé garde aussi l’avantage quand vous disposez déjà d’un conduit de fumée en bon état, d’un local de stockage et d’un accès camion, et quand vous acceptez la manutention et le décendrage. Enfin, si un projet de rénovation globale est de toute façon envisagé, le parcours rénovation d’ampleur redonne accès aux aides pour la biomasse, dans un cadre plus exigeant mais mieux doté.
Deux pièges commerciaux à connaître. Le premier est le devis de PAC promettant une division de facture par trois, présentée sans mention de l’isolation ni des émetteurs existants : demandez systématiquement une note de dimensionnement. Le second concerne les offres de chaudière à granulés encore présentées avec MaPrimeRénov’ au parcours par geste : cette aide n’existe plus pour la biomasse depuis le 01/01/2026, et un devis qui l’affiche est soit obsolète, soit trompeur. Vérifiez également qu’aucune prime supprimée ne figure dans le plan de financement.
Vos questions, nos réponses
La chaudière à granulés est elle encore aidée en 2026 ?
Oui, mais plus par le chemin le plus simple. Depuis le 01/01/2026, les chaudières biomasse sont exclues du parcours par geste de MaPrimeRénov’. Elles restent finançables dans le parcours rénovation d’ampleur accompagné, qui prend en compte jusqu’à 63 000 € de travaux sans condition de revenus, mais qui impose un audit énergétique, un accompagnement et l’atteinte d’un saut de classes énergétiques. Les CEE et l’éco-PTZ restent par ailleurs mobilisables selon les conditions en vigueur au moment de l’engagement des travaux.
Quel coefficient de performance retenir pour estimer sa facture ?
Pas celui du catalogue. Les valeurs affichées par les fabricants sont mesurées dans des conditions normalisées favorables, avec une température de départ d’eau basse. Sur une maison réelle équipée de radiateurs existants, un coefficient saisonnier de l’ordre de 3 constitue une base de calcul prudente, et il descend nettement si vos émetteurs exigent une eau à plus de 55 °C. Exigez de l’installateur une estimation fondée sur vos émetteurs et votre zone climatique, pas sur une moyenne nationale.
Peut on cumuler MaPrimeRénov’ et les CEE sur une pompe à chaleur ?
Oui, le cumul est prévu, mais il est plafonné. L’ensemble des aides publiques ne peut dépasser 90 % du coût des travaux pour les ménages très modestes, 75 % pour les modestes et 60 % pour les intermédiaires. En pratique, sur un remplacement de chaudière par une PAC air-eau, ce plafond est rarement atteint compte tenu du plafond de dépense éligible de 12 000 €. Faites chiffrer le montant CEE avant la signature du devis, car il varie d’un obligé à l’autre et n’est pas négociable après coup.
Avant d’arbitrer, faites établir deux devis de PAC air-eau et deux devis de chaudière à granulés auprès de professionnels RGE de votre secteur, en exigeant dans chaque cas une note de dimensionnement mentionnant la température de départ retenue et les émetteurs conservés. C’est ce document, et non le prix affiché, qui vous dira laquelle des deux solutions tiendra ses promesses chez vous.







