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Granulés de bois en vrac versés dans une main avant remplissage du silo

Granulés et fioul : commander en août, ce que disent 3 ans de prix

Clément M

Chauffage

« Remplissez le silo maintenant, en octobre ce sera plus cher. » Le refrain revient chaque été, chez les livreurs de granulés comme sur les comparateurs de fioul. Nous avons repris trois ans de relevés de prix pour vérifier. Le conseil tient bien pour le pellet. Pour le fioul, l’été 2026 le dément avec fracas.

L’essentiel

  • Granulé en vrac : 412 € la tonne en moyenne nationale au relevé Selectra du 25 avril 2026, contre plus de 600 €/t au pic de décembre 2022.
  • En 2024 comme en 2025, juin a marqué le point bas de l’année : 350 €/t puis 344 €/t en vrac, avant une remontée hivernale limitée à 355-370 €/t (relevés ÖkoFEN).
  • Fioul : 1 653 € les 1 000 litres au 1er août 2026, après un plus bas à 1 397 € fin juin, soit environ +18 % en un mois et près de +32 % sur un an mi-juillet.
  • Contre-exemple assumé : en juin 2023, le vrac se payait 430 €/t ; un an plus tard, 350 €/t. Attendre était la bonne stratégie cette année-là.

Faut-il commander granulés et fioul en août 2026 ? Pour le granulé, oui : à 412 €/tonne en vrac, l’été reste le creux observé en 2024 et 2025, avant la remontée d’automne. Pour le fioul, prudence : à 1 653 € les 1 000 litres au 1er août, le marché vient de prendre 18 % en un mois. Le réflexe estival ne remplace pas la lecture du contexte pétrolier.

Granulés : trois ans de relevés donnent raison à l’été

Les chiffres trimestriels compilés par le fabricant ÖkoFEN dessinent une courbe très lisible. Juin 2024 : 350 € la tonne en vrac. Juin 2025 : 344 €. À chaque fois, le creux annuel tombe en début d’été, quand les usines tournent et que personne ne pense à son silo. La remontée qui suit reste modérée, 355 €/t en décembre 2024, 370 €/t en décembre 2025.

Le niveau de 2026 se situe un cran au-dessus. Le baromètre Selectra du 25 avril 2026 relève 412 €/t en vrac en moyenne nationale, de 396 € dans les régions les mieux desservies à 436 € ailleurs. L’indice Propellet du 4e trimestre 2025 le situait autour de 8 centimes par kWh, environ 370 € la tonne livrée. On reste loin des 250 à 300 €/t d’avant 2022, et loin aussi des 609 €/t de la panique de décembre 2022.

Été contre hiver : huit relevés qui résument la saisonnalité

Période Granulé en vrac (€/tonne, relevés ÖkoFEN)
Juin 2022 380 €
Décembre 2022 609 €
Juin 2023 430 €
Décembre 2023 446 €
Juin 2024 350 €
Décembre 2024 355 €
Juin 2025 344 €
Décembre 2025 370 €

Commander en été rapporte peu sur un marché calme : 5 à 26 €/t d’écart entre juin et décembre ces deux dernières années. L’assurance joue surtout contre l’année qui dérape. Entre juin et décembre 2022, l’écart a atteint 229 €/t. Sur 4 tonnes, 916 €.

Fioul : la règle de l’été se brise en 2026

Fin juin 2026, les 1 000 litres de fioul ordinaire se négociaient 1 397 € en moyenne nationale. Le 19 juillet, 1 584 €. Le 30 juillet, un pic à 1 708 € selon Fioulmarket, avant une accalmie à 1 653 € au relevé Prixfioul du 1er août. Un mois, +18 %. Sur un an, la marche est plus brutale encore : autour de 1 200 € les 1 000 litres en juillet 2025, soit près de +32 % à la mi-juillet 2026.

La cause se trouve sur le marché du brut : Fioulmarket relie la flambée de fin juillet à un Brent repassé au-dessus de 100 dollars le baril. Le fioul suit le pétrole, avec quelques jours de décalage. Aucun creux estival garanti, donc. Qui a rempli une cuve de 2 000 litres fin juin a économisé environ 510 € par rapport au tarif du 1er août. Qui a attendu « la bonne affaire d’août » l’attend toujours.

Reste à limiter la casse. Une alerte de prix chez un distributeur en ligne, tarif garanti jusqu’à la livraison chez la plupart, se déclenche au premier reflux net. Le fractionnement aide aussi : 500 litres pour sécuriser l’automne, le complément si le marché se détend. Ordinaire ou supérieur enfin : 1 653 € contre 1 672 € les 1 000 litres au 1er août, 19 € d’écart pour des additifs de conservation utiles quand la cuve reste pleine longtemps.

Cas concret : une maison au granulé, une maison au fioul

Première maison : 120 m² des années 1990 en Saône-et-Loire, chaudière à granulés, environ 4 tonnes par an. Commande passée début août 2026 à la moyenne nationale de 412 €/t : 1 648 € pour la saison de chauffe, livraison par camion souffleur comprise. Si l’hiver rejoue la remontée type de 2025 (+26 €/t), la même commande passée en décembre coûterait une centaine d’euros de plus. Si 2022 se répète, environ 900 € de plus. Personne ne garantit l’un ou l’autre scénario. C’est l’argument de la commande anticipée.

Face à elle, une maison de 130 m² restée au fioul, 1 800 litres par an. Au relevé du 1er août 2026, le plein revient à 2 975 €. Fin juin, 2 515 €. Un mois d’attente a coûté 460 €. Autre lecture : à ce tarif, le kWh de fioul ressort autour de 16,5 centimes, contre environ 8 centimes pour le granulé selon l’indice Propellet. Du simple au double ; notre article sur la consommation et le prix des granulés d’une chaudière pose les chiffres complets.

Quelle quantité commander, et où la mettre

La livraison en vrac impose ses contraintes avant même le prix. Le camion souffleur doit pouvoir approcher, son flexible dépasse rarement une trentaine de mètres, et beaucoup de distributeurs facturent un forfait qui pénalise les commandes inférieures à 2 tonnes. Quelques repères :

  • Poêle à granulés en appoint ou petit logement : 1 à 2 tonnes par hiver, souvent en sacs sur palette, 5 à 7 € le sac de 15 kg (relevé Selectra, avril 2026).
  • Chaudière à granulés d’une maison de 100 à 130 m² : couramment 3 à 5 tonnes par an, en vrac.
  • Silo : le granulé pèse environ 650 kg par m³ ; notre guide pour calculer la quantité de granulés à stocker et le volume du silo détaille le dimensionnement.
  • Fioul : cuves de 1 000 à 2 000 litres dans l’ancien, livraison minimale usuelle de 500 litres, tarifs dégressifs sur les gros volumes.

Détail de terrain qui change tout à l’automne : les créneaux. En août, un camion passe dans la semaine. Fin octobre, après le premier coup de froid, les plannings se remplissent et certains distributeurs n’acceptent plus de nouveaux clients avant plusieurs semaines. Commander tôt achète aussi de la tranquillité.

Granulés bradés : les pièges qui se paient au nettoyage

Un prix cassé sur une palette sans certification n’est presque jamais une affaire. Les trois labels qui comptent, ENplus A1, DINplus et NF granulés biocombustibles, garantissent une humidité inférieure à 10 %, un pouvoir calorifique supérieur à 4,6 kWh/kg, un taux de fines limité et un diamètre constant de 6 à 8 mm. Sans eux, aucune garantie.

Concrètement, un granulé humide ou trop cendreux encrasse le creuset, forme du mâchefer et fait chuter le rendement. Les sacs stockés dehors sous une bâche approximative gonflent à la première pluie et partent en sciure. Sur les places de marché en ligne, les « déstockages » d’été sans certificat affiché visent précisément l’acheteur pressé du mois d’août. Vérifiez le logo imprimé sur le sac, pas seulement sur l’annonce.

Le contre-pied : les étés où il fallait attendre

2023 reste la meilleure leçon d’humilité. Silo rempli en juin 2023 : 430 €/t. Le même vrac valait 403 € en mars 2024, puis 350 € en juin 2024. Sur 4 tonnes, l’acheteur « prévoyant » de l’été 2023 a payé 320 € de plus que celui qui a patienté un an. Le marché sortait de la bulle de 2022 et dégonflait trimestre après trimestre : la tendance de fond a écrasé l’effet saisonnier.

La règle d’août fonctionne sur un marché stable. Elle échoue quand une tendance lourde s’installe, à la baisse comme le granulé en 2023, à la hausse comme le fioul en ce moment. Avant de valider un bon de commande, posez-vous une seule question : le prix du jour reflète-t-il la saison, ou un mouvement de fond ? Pour le granulé d’août 2026, rien ne signale d’excès. Pour le fioul, si.

La réglementation doit peser dans votre calcul fioul

Depuis le 1er juillet 2022, un décret publié au Journal officiel le 6 janvier 2022 interdit d’installer un équipement de chauffage neuf émettant plus de 300 gCO2eq/kWh PCI, ce qui exclut toute chaudière 100 % fioul neuve. Réparer une chaudière existante reste autorisé, s’y chauffer aussi. Chaque remplissage de cuve engage donc sur une énergie sans remplacement possible à l’identique le jour où la chaudière rend l’âme.

Ce calendrier croise celui des aides. Avant d’arbitrer entre un dernier plein et un devis de remplacement, lisez notre point sur la fin annoncée des aides monogeste de MaPrimeRénov’ en septembre 2026, puis notre guide pour remplacer une vieille chaudière par une chaudière à granulés.

Vos questions, nos réponses

Quel est le prix d’une tonne de granulés en vrac à l’été 2026 ?

Le baromètre Selectra du 25 avril 2026 donne une moyenne nationale de 412 € la tonne en vrac, livraison comprise, avec une fourchette régionale de 396 à 436 €. L’indice Propellet du 4e trimestre 2025 situait le granulé autour de 8 c€/kWh, soit environ 370 €/t livrée. Comptez 5 à 7 € le sac de 15 kg en palette. D’un distributeur à l’autre, l’écart justifie de demander plusieurs devis, même pour du vrac.

Pourquoi le fioul flambe-t-il en plein été 2026 ?

Rien à voir avec le thermomètre : le fioul suit le brut. Le Brent est repassé au-dessus de 100 dollars le baril fin juillet 2026 et les 1 000 litres sont montés jusqu’à 1 708 € le 30 juillet, avant de redescendre à 1 653 € au 1er août (fioul ordinaire, moyenne nationale). Sur un an, la hausse atteignait près de 32 % à la mi-juillet. Personne ne peut dater un reflux : alerte de prix et commandes fractionnées restent les seules parades.

Quelle quantité de granulés faut-il stocker pour un hiver ?

Un poêle à granulés utilisé en chauffage principal d’un logement compact consomme couramment 1 à 2 tonnes par hiver ; une chaudière alimentant une maison de 100 à 130 m² correctement isolée, plutôt 3 à 5 tonnes. Le granulé pesant environ 650 kg/m³, un silo de 5 m³ utiles couvre une saison complète dans la plupart des configurations. Gardez 10 % de marge : finir février silo vide se paie en livraison express, au pire moment tarifaire.

Pour le granulé, deux ou trois devis de distributeurs locaux suffisent à sécuriser le tarif d’août. Pour le fioul, la décision qui compte se joue au-delà de la prochaine livraison : à 16,5 centimes le kWh, faire chiffrer une sortie du fioul par plusieurs artisans RGE, granulés ou pompe à chaleur, ne coûte rien et fixe un ordre de grandeur personnel avant que les aides ne bougent à la rentrée.

A propos de l'auteur :

Clément M

Clément est entrepreneur et fondateur de Clima Progress. Il décrypte la rénovation énergétique sans langue de bois : pompes à chaleur, aides, isolation, prix réels et pièges à éviter. Son obsession : aider chaque propriétaire à faire les bons choix, chiffres à l'appui.

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