Aérothermie : le mot fait savant, le principe tient en une phrase, capter les calories gratuites de l’air extérieur pour chauffer la maison. Derrière ce terme se cachent les PAC air-eau et air-air, leurs vrais rendements et quelques maisons pour lesquelles ce n’est pas la bonne idée.
L’essentiel
- L’aérothermie regroupe PAC air-eau (radiateurs, plancher chauffant, eau chaude) et PAC air-air (air soufflé, réversible).
- COP réel constaté : 3 à 4,5 en fonctionnement courant, soit 3 à 4 kWh de chaleur par kWh d’électricité.
- Prix posés : 10 000 à 16 000 € en air-eau, 1 500 à 10 000 € en air-air selon le nombre d’unités.
- MaPrimeRénov’ air-eau : 5 000, 4 000 ou 3 000 € selon revenus, barème en vigueur au 23/07/2026.
L’aérothermie est-elle adaptée à votre maison ? Oui si la maison est correctement isolée (classe D ou mieux) et dispose d’un extérieur pour l’unité. Une PAC air-eau restitue 3 à 4 fois l’électricité consommée et remplace avantageusement fioul ou gaz. Dans une passoire thermique ou avec des radiateurs très haute température, la réponse se discute.
Comment ça marche, sans jargon
Un fluide frigorigène capte les calories de l’air extérieur en s’évaporant, un compresseur élève sa température, puis il restitue cette chaleur au circuit de la maison en se condensant. L’air extérieur contient de l’énergie exploitable même à -15 °C : c’est tout l’intérêt du cycle thermodynamique. L’électricité ne sert qu’à faire tourner le compresseur, d’où le rendement : pour 1 kWh consommé, 3 à 4 kWh restitués en conditions courantes.
Air-eau ou air-air : la même famille, deux métiers
| PAC air-eau | PAC air-air |
|---|---|
| Chauffe un circuit d’eau : radiateurs, plancher | Souffle l’air directement dans les pièces |
| Produit l’eau chaude sanitaire (versions duo) | Pas d’eau chaude sanitaire |
| 10 000 à 16 000 € posée | 1 500 à 10 000 € selon configuration |
| MaPrimeRénov’ + CEE + TVA 5,5 % | CEE + TVA 10 % pose uniquement |
| Remplace une chaudière fioul ou gaz | Chauffe et rafraîchit, idéale climat doux |
Le choix découle de l’existant : une maison avec radiateurs à eau appelle l’air-eau, une maison tout électrique en climat doux peut préférer l’air-air, détaillée dans notre guide sur la PAC air-air en maison individuelle.
Les maisons où l’aérothermie excelle
- Maison isolée classe A à D, où la puissance nécessaire reste raisonnable (6 à 10 kW).
- Chauffage à remplacer coûteux : fioul, propane ou électrique direct, là où l’écart de coût du kWh fait les économies.
- Émetteurs compatibles : plancher chauffant ou radiateurs moyenne et basse température, qui laissent la PAC travailler à départ d’eau modéré, donc à bon COP.
- Un extérieur disponible pour l’unité : dégagé, hors chambre à coucher côté voisin (émergence sonore limitée à 5 dB(A) le jour, 3 la nuit).
COP affiché, COP réel : l’écart à connaître
Les COP constructeur sont mesurés à +7 °C extérieur et 35 °C de départ d’eau. En usage réel, sur une saison complète, une installation correcte affiche un coefficient saisonnier de 3 à 4 : la performance baisse quand le thermomètre descend, sans jamais tomber sous celle d’un chauffage électrique direct. Notre article sur le comportement des PAC par grand froid détaille les chiffres température par température. Retenez l’ordre de grandeur honnête : division par 2,5 à 3 de la facture de chauffage par rapport à l’électrique direct, économies estimées, jamais garanties, car isolation et usages font varier le résultat.
Cas concret : maison de 105 m² au gaz, en Anjou
Maison de 1998, 105 m², radiateurs moyenne température, chaudière gaz de 24 ans, facture annuelle gaz d’environ 1 650 €. PAC air-eau de 8 kW retenue après étude thermique.
- Coût installé constaté : 12 800 €, ballon d’eau chaude thermodynamique intégré.
- MaPrimeRénov’ (revenus intermédiaires, barème au 23/07/2026) : 3 000 €.
- Prime CEE : environ 2 500 € selon l’offre.
- Reste à charge : environ 7 300 €, finançable par éco-PTZ (jusqu’à 50 000 € sur 20 ans, sans condition de revenus).
- Économies estimées : 700 à 1 000 € par an par rapport au gaz, selon les tarifs de l’énergie et les usages.
Aides et réglementation au 23/07/2026
- MaPrimeRénov’ parcours par geste (air-eau uniquement) : 5 000 € très modestes, 4 000 € modestes, 3 000 € intermédiaires, plafond de dépense 12 000 €, revenus 2025 examinés pour les demandes 2026, guichet rouvert depuis le 23/02/2026.
- Cumul MPR + CEE plafonné à 90, 75 ou 60 % du coût selon la tranche.
- TVA 5,5 % en air-eau (amélioration énergétique), 10 % sur la pose en air-air.
- Installateur RGE obligatoire pour toutes les aides, entretien obligatoire tous les 2 ans pour les systèmes de 4 à 70 kW (décret 2020-912).
Les cas où l’aérothermie n’est pas la bonne réponse
- Passoire thermique (DPE F ou G) : isolez d’abord, comme l’explique notre guide sur l’ordre des travaux, sinon la PAC surdimensionnée et son appoint électrique mangeront les économies.
- Radiateurs en fonte à 70 °C conservés : il faut une PAC haute température, plus chère, au COP moindre, le bilan se recalcule.
- Climat très rigoureux ou altitude : la géothermie, insensible à la température de l’air, reprend l’avantage, voir notre guide sur la PAC géothermique.
- Mitoyenneté serrée sans recul : une unité extérieure mal placée devient un contentieux de voisinage.
Et l’éternel rappel anti-arnaque : personne de sérieux ne vend une PAC par téléphone avec une « rentabilité garantie ». Les offres à 1 € ont disparu des dispositifs officiels.
Vos questions, nos réponses
Quelle différence entre aérothermie et géothermie ?
L’aérothermie puise les calories dans l’air extérieur, la géothermie dans le sol via des capteurs enterrés ou des forages. La géothermie offre un COP plus stable (le sol reste à température quasi constante) mais coûte nettement plus cher à installer, terrassement compris. L’aérothermie reste le choix majoritaire en rénovation.
Quel est le prix d’une installation aérothermique en 2026 ?
Prix constatés : 10 000 à 16 000 € posés pour une PAC air-eau en maison, 1 500 à 3 000 € pour un monosplit air-air et 6 000 à 10 000 € en multisplit. Après MaPrimeRénov’ et CEE, le reste à charge d’une air-eau descend souvent entre 5 000 et 9 000 € selon les revenus (barème au 23/07/2026).
L’aérothermie fonctionne-t-elle en hiver ?
Oui : les PAC récentes fonctionnent jusqu’à -20 °C, avec un COP qui passe d’environ 4 à +7 °C à 2 ou 2,5 à -7 °C. Un appoint intégré complète les jours les plus froids. En France métropolitaine hors montagne, une installation bien dimensionnée couvre 95 % et plus des besoins annuels seule.
Avant de trancher entre air-eau, air-air ou autre chose, faites établir une étude thermique et deux ou trois devis d’artisans RGE sur la même base : c’est la cohérence entre déperditions calculées et puissance proposée qui distingue un projet solide d’une vente au forfait.





